(Avant de commencer : j’ai adopté Théo il y à 4 ans, sans frais. Un Border Collie enregistré avec tous ses papiers qui fut payé 450$ par sa précédente famille, premier examens vétérinaire payé seulement et, selon le contrat, garantie contre la “maladie de l’oeil” du Border Collie et les problèmes de hanches pour un an. Plusieurs considèrent qu’aucun des éleveurs de Border Collie au Québec n’est réellement éthique…)
On parle de rapport qualité/prix lors de l’achat de tout nos produits quotidiens. Je suis confrontée au questionnement face au rapport qualité/prix du meilleur ami de l’homme… Parce qu’un meilleur ami, à 4 pattes bien sur, ça se magasine! Alors que plusieurs sont au courant de mon opinion sur l’élevage d’animaux au Québec, je commence à goûter aux conséquences d’un élevage mal-chié (pardonnez l’expression) sur « l’homme de ma vie », mon premier chien, Théo. Je prends donc la peine de vous expliquer les effets que cela a sur notre famille.
Théo…
- Est nourri au cru (carcasse de poulet, abats, légumes, yogourt nature, œuf, mangue etc.)
- Reçoit occasionnellement de réels os avec moelle
- Profite de 2 heures d’activités réparties sur 2 jours, à tout les jours ou presque.
Il y a un mois environs, peu après son 6ième anniversaire, mon chien Théo démontrait des signes de faiblesse. C’est que maintenant l’été établi, tout est plus difficile pour nos chiens. Ils ont soif tout le temps, sont rapidement fatigués et peuvent être en proie à des coups de chaleur en un rien de temps. Au début, aussi, nous ne nous sommes pas posés beaucoup de questions…
Un jour, après avoir joué une heure dehors, Théo est très fatigué. Je le vois tituber dans ma direction : et *pouf*, sa jambe arrière gauche l’abandonne en pleine marche. Théo est épuisé, paniqué. Il se débat, tente de se relever mais ne fait que tomber encore et encore… Il abandonne alors que j’arrive à ses côtés et se couche calmement. L’idiot, malgré tout, voit une balle passer et tente à nouveau de se lever! C’est que ça ne s’arrête pas facilement un Border Collie! Je l’agrippe, l’embarque dans mes bras et le rentre à l’intérieur, dans notre cuisine. Il se couche, le souffle court, le corps ne répondant plus à aucune commande sinon la tête qu’il relève une fois de temps en temps pour regarder en direction des voix, dehors. Je vous le dis : pas arrêtable.
Nous commençons à chercher : rupture de ligament croisé? Problème de rotule? En tout cas, les rayons X étaient, ici, une nécessité. Une facture salée de base nous attendait. Ca n’allait qu’être pire si un de nos verdicts serait confirmé. Ironiquement : la semaine qui suit, sa jambe semble très bien aller!
Une semaine plus tard, après une autre bonne session de jeu dehors… C’est la patte avant droite de Théo qui lâche! Dans les mêmes conditions : il tombe au sol mort de fatigue, cherche son air, tombe et retombe. Même scénario : je dois le rentrer avant qu’il ne se tue à la tâche. Seconde théorie : coup de chaleur. On se dit que Théo n’est « plus si jeune » et qu’à la moitié de sa vie, il perd peut-être de la « drive » un peu et mérite d’être ménagé. Les symptômes correspondent en tout cas…
Les jours passent, les semaines passent… On ne sort Théo que le soir, lorsqu’il fait plus frais, au soleil on limite les activités, on le force à boire régulièrement de l’eau… Ça va toujours de pire en pire… Hier, à 15 degrés Celsius, il n’a pu jouer que 10 minutes avant que les symptômes ne commencent doucement à apparaitre… Nous l’avons forcé à rentrer et, bien sur, il a fini sa soirée étendu sur le côté, à reprendre son souffle comme il le faisait avant… après 2 heures d’activités!
On élimine donc les coups de chaleurs… Problème à la trachée? Épilepsie légère suite à effort physique? J’ai rayé la possibilité de « Exercice Induced Collapse » (les symptômes et vidéos vu un peu partout ne correspondent pas réellement)… Bref des heures de recherches, d’appels et de lecture.
Ce que je déplore?
- S’il ne s’agit pas d’un microbe ou un virus, Théo aurait donc une maladie, probablement héréditaire, à l’âge de 6 ans… Moins de la moitié de la moyenne de vie de sa race! Les parents sont inconnus, l’élevage très peu connu, mais les chiots enregistrés. Comme quoi le fait que votre chien est enregistré ne vous garanti JAMAIS une santé hors paire. Il faut magasiner bien plus que ça!
- Aussi : peu importe la provenance du malaise, j’aurais aimé pouvoir contacter « mon éleveur » qui en aurait probablement déjà vu de toutes les couleurs sur cette race. Un éleveur pour m’empêcher de paniquer et de cherche le pourquoi et le comment durant des semaines. Un éleveur pour m’aider à savoir par où commencer! Je suis passée du chirurgien au vétérinaire puis au neurologue, tous tentant (ironiquement) de me convaincre d’aller les voir, que ça pourrait « clairement être un problème neuro/muscu/ossa/respiratoire» …
Mon premier achat…
Ça me rassure d’une certaine façon.
Je magasinais pour un chaton et suis complètement tombée en amour avec les chatons de Mogwaï, avec pour reproducteur des pures races ayant suivi toute une batterie d’examens dans tout les domaines. Dès que le parent à un bébé qui développe un problème, même s’il ne sagit que d’un ou deux chatons sur 40, le parent sera stérilisé.
Le prix de base ferait grincer des dents à plusieurs… Honnêtement : plus de 700$, opération, premiers vaccins et garantie inclus.
Mais, ironiquement, si on regarde individuellement, tout les prix de traitements offerts par les spécialistes en santé animale pour « les problèmes héréditaires » de Théo, ils sont chacun 300$ à 500$ plus élevés que le prix de mon chaton à la base.
Donc en faisant l’addition de Théo, de son opération, ses premiers vaccins non fournis, les examens pour déterminer le problème de santé et l’opération à suivre… sans compter les médicaments à long terme s’il s’agit d’une maladie du genre diabète, Théo pourrait atteindre le double du prix qu’il m’aurait couté chez un bon éleveur, et ce, avant même la moitié de sa vie.
Et je tiens à couper le sifflet aux gens qui vont me sortir la théorie du « au pire t’en achète un autre » : un animal est un être vivant dont vous prenez la responsabilité. Lorsque vous voudrez adopter un animal « pas cher » chez votre voisin, posez-vous simplement la question : « Suis-je prête à mettre 3000 $ du jour au lendemain sur la santé de l’animal sans préavis? » Si c’est non, tant qu’à faire, donnez donc une chance à un animal qui est déjà sur le bord de l’euthanasie, dans un refuge. Par contre, si vous vous faites avoir par un éleveur de pacotille aux belles paroles, LA, je vous donne le droit de chialer!
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